Le village est encore endormi, engourdi par la cérémonie de la veille mais nous sommes d'attaque à notre réveil pour rendre visite à cette belle indolente qu'est Nha Trang. Laurent, pilote et co-pilote de notre motobike, nous y mènera les yeux fermés, façon de parler car il vaut mieux ouvrir bien grands tous ses yeux sur les chemins vietnamiens.
En gros, personne ne fait attention à personne, les feux rouges sont décoratifs et les piétons semblent totalement ignorer la présence des milliers de motobikes qui sillonnent les routes et les trottoirs. Paris, mais en pire.
La ville est à l'image de sa réputation : entre mer et montagne une croisette bordée de palmiers et de hauts immeubles, des touristes cramés par le soleil sur ce grand barbecue qu'est la plage principale, mais une eau cristalline et une ressemblance frappante avec nos villégiatures françaises de la côte d'Azur.
Mais nous ne sommes pas là (que) pour lézarder au soleil, nous avons rendez-vous avec l'histoire.
Il reste dans le centre du Vietnam quelques vestiges du royaume du Champa, dont le site de Po Ino Nagar, dédié à la déesse-mère de la patrie.
Les Chams, sans doute d'origine austronésienne et implantés sur les côtes du Vietnam dans le courant du premier millénaire avant notre ère, vivaient principalement de l'agriculture et du commerce maritime et adoptèrent l'hindouisme au contact de négociants indiens, ce qui donna naissance au royaume du Champa au IIè siècle après JC.
Entretenant des relations conflictuelles avec ces puissants voisins l'empire Khmer (ancien Cambodge) et le Dai Viet (ancien Vietnam), il sera progressivement absorbé par ce dernier pour disparaître définitivement à la fin du XVIIè siècle.
Il reste aujourd'hui quelques 130.000 descendants de cette civilisation qui constitue une des 54 ethnies du pays, et un grand nombre est converti à l'islam.
De leurs flamboyants descendants ne reste que l'héritage de ces quelques tours en grès rose.
Refermons cette page de l'histoire ancienne pour revenir à la contemporaine et s'intéresser au fabuleux destin d'Alexandre Yersin. Méconnu en France mais vénéré au Vietnam (de nombreuses rues portent encore son nom), il est l'un des plus grands bactériologistes de notre temps.
C'est grâce à lui que nous ne mourrons plus de la peste puisqu'il découvrit en 1894 le bacille responsable de cette maladie.
Né en Suisse en 1863, il suivit des études de médecine à Paris où il travailla avec Louis Pasteur, puis s'engagea comme médecin de bord sur un navire des Messageries maritimes assurant la liaison Saigon-Manille et tomba sous le charme de l'Asie. Il y passa la majeure partie de sa vie.
Installé à Nha Trang en 1895, il y introduisit l'hévéa et le quinquina et fonda un laboratoire pour poursuivre ses études, devenu aujourd'hui l'institut Pasteur.
On lui doit également un énorme travail de témoignage photographique et de documentation sur les ethnies vietnamiennes, très précieux à ce jour et abrité dans ce musée désert (mais néammoins intéressant) qui lui est consacré et que nous avons visité avec plaisir.
Forts de toute cette culture il est temps de rafraîchir nos cerveaux bouillonnants d'intelligence et une baignade dans la mer de Chine s'impose. Une eau plutôt fraîche et un brin agitée, la méditerranée à la sauce Nuoc-mam ...
Sur le chemin du retour vers notre havre de paix par une autoroute plutôt encombrée, nous croisons une cérémonie dans une pagode, une église catholique datant de 1917 et, juste avant d'arriver le petit village de Dien Khan.
Ancienne citadelle construite au XVIIIè siècle selon les principes d'architecture militaire de Vauban par un aventurier français, Olivier de Puymanel, pour le jeune Nguyen Anh, futur empereur Gia Long, afin de contrôler la route de Nha Trang, il n'en reste aujourd'hui que deux portes et l'enceinte d'origine.
Une fois chez nous, un petit plongeon dans la piscine, un délicieux repas et réveil mis pour 1h du matin, une autre histoire nous attendait dans la nuit, celle du PSG et de la Champions League !












Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire