Nha Trang n'était pas à priori notre destination rêvée. Qualifiée comme la Nice vietnamienne, très fréquentée par les touristes, essentiellement de nationalité russe (même les devantures des boutiques sont rédigées en cyrillique) et fêtarde jusqu'au bout de la nuit, elle ne correspondait pas tout à fait à ce que recherchons toujours dans nos voyages : l'authenticité (même si nous aimons trainer dans les palaces et que l'on boycotte les sacs à dos).
Oui mais voilà : une baie magnifique, une station balnéaire proche du sud et pas trop loin de Dalat (que je voulais absolument visiter) et le berceau du professeur Alexandre Yersin (si vous ne le connaissez pas sachez en deux mots que c'est grâce à lui que vous ne mourrez plus de la peste, on y reviendra).
J'avais, lors de la préparation de notre séjour, constaté qu'il était impossible de trouver un endroit charmant qui ne coute pas un bras au bord de l'eau mais j'avais repéré le Mémento Country House, à 17km de la ville, qui offrait de petits bungalows en pleine nature.
Après une heure de vol depuis Saigon, un taxi nous attendait pour nous mener au lieu dit.
Je peux maintenant l'avouer, j'ai flippé. La route semblait interminable, j'avais lu peu de temps avant (mais trop tard) que la location de scooter était devenu interdire aux touristes (ceux qui boivent jusqu'à plus soif et ne respectent pas le code de la route plus qu'aléatoire qui règne dans ce pays), et je nous voyais pris au piège dans un resort paumé dans la pampa (avec rien à manger).
Inquiétudes vite dissipée à notre arrivée : on pouvait louer un scooter, le taxi avait fait un grand détour et la nourriture était succulente (notamment le crocodile de Laurent)
Situés dans un petit village perdu au milieu des rizières, les petits bungalow en bambou sont jolis et cosy, cernés par les palmiers et arbres fruitiers.
Le personnel est adorable et ... nous sommes seuls ! Un petit paradis rien qu'à nous. Piscine comprise, où nous nous installons pour la journée, à l'ombre et suintant d'écran total. Ce qui n'était pas nécessaire vu la pluie qui nous tombe dessus à bras raccourci. Que nenni, nous sommes bien, tranquilles et sereins. On se fait même des copains chiens qu'on ne mangera pas.
Après le dîner, nous sommes conviés à un karaoké (activité la plus prisée au Vietnam, on en a même vu un au fin fond de la baie d'Along) organisé à côté du Memento pour fêter la création du village et c'est une cinquantaine de personnes qui se pressent vers ce lieu de lumière (et de bruit) pour faire partager ses talents (ou non) de chanteur.
Proposition nous est faite de monter sur scène, pas de bol, on ne connait pas les paroles.
L'ambiance est festive et nous mesurons notre chance de vivre un instant la vie typique d'un petit village vietnamien.
Nous partons nous coucher bien avant la fin de la fête, et ces chants, bien que parfois disgracieux, nous bercerons jusqu'à l'endormissement, faisant place à partir de deux heures du matin à la cérémonie en hommage au fondateur du village sous fond de gong et prières traditionnelles. Réveillé, Laurent se glissera dans la pagode parmi les anciens et témoignera d'une émouvante communion.


















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